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Georges Bonifacio __Site sur l'Amérique latine et ses voyages
Béatrice de Durfort _Site de la Fondation Napoléon

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Max Potin,

l'homme qui mit le Ministère à l'internet

Informaticien, auteur, concepteur et animateur du site du

Ministère des Affaires Etrangères françaises

 


[Entretien] [Biographie] Entretien


Les trésors culturels réveillés  >>L'internet, pas très sérieux! >>Les marchands du temple

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L'administration a pris conscience des trésors culturels sur lesquels elle dormait

 

La genèse du site et ses objectifs ?

L'obligation de mon site, étant donnée l'administration pour laquelle je travaille, c'est de vendre la Maison France à l'étranger. C'est la promotion de la culture française à l'étranger. Le site a un an, le projet papier a commencé en Avril 1997. On a travaillé trois mois au concept, et maintenant cela fait un an qu'on travaille au contenu. Le site existe parce que le directeur général de l'époque nous a laissé carte blanche pour le monter. Le projet lui a plu, il nous a donné les moyens de le faire. Et voilà, le site existe.C'était une petite cellule qui était placée directement auprès de lui. Cet homme ne connaissait rien au multimédia. Mais nous l'avons convaincu. Et il faut reconnaître que depuis, toutes les administrations ont suivi le mouvement. On a juste été au début de ce mouvement. Et je crois qu'il y a eu aussi au même moment maintenant une prise de conscience de l'administration pour laquelle je travaille des trésors culturels sur lesquels on dormait:on crée des œuvres originales, des ressources uniques sur lesquelles on a les droits, que personne ne connaît. Or avec ce site, on commence à mettre en valeur ce patrimoine, en les numérisant, en les mettant sur internet.
On a essayé d'utiliser l'internet pour moderniser notre dispositif culturel.

Ce qu'on voit sur le site, c'est la vitrine, mais au-delà de ça, on a commencé à moderniser le réseau, à automatiser des procédures, en fait à mettre le personnel du ministère à utiliser l'internet comme un outil de travail. On a mis des programmes de formations en route grâce à internet. On a organisé des concours en interne : on donnait des subventions au différents postes culturels et en échange, les postes nous proposaient des sujets à mettre sur le site. Pour l'anecdote, il y avait toujours une dizaine de postes qui nous proposaient des sujets, mais c'était toujours les mêmes. Evidemment, ce mouvement est un mouvement long à mettre en place, on a voulu créer un signal fort, il y a un an. Je vous donne un exemple, en 1997, on utilisait à 40% la messagerie, maintenant on en est à 90-95%. C'est donc un outil de travail qui s'est bien généralisé. Mais on n'en est qu'au début. Les résultats de ce mouvement après un an sont corrects. C'est lent parce que les mentalités, les habitudes, les procédures administratives ne changent pas du jour au lendemain… Il y a encore du travail mais le mouvement est amorcé, le pas est pris. On a formé aussi les gens : sur le site vous avez un CDRom pour débutant au multimédia. C'était un moyen en interne de former les gens, et aussi de promouvoir le multimédia francophone.


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Au début, on ne nous a pas pris au sérieux... Maintenant, on ne nous le dit plus, parce que tous savent que c'est un enjeu important

 

L'équipe qui a travaillé sur le site ?

Avec un ami, Michel Deverge, (moi à Paris et lui à l'époque basé à Ottawa), au Canada, on a commencé à deux. Lui au Canada avait une grande connaissance du multimédia. Quant à moi, je suis informaticien. Je travaillais avant dans le privé, dans le développement de logiciels. Et je travaillais épisodiquement pour le développement informatique du ministère. Quant à Michel Deverge, il travaillait dans le développement culturel à la direction générale du ministère. Je suis maintenant fonctionnaire. A part entière. Nous sommes donc partis d'une très petite structure. Je peux même vous avouer qu'au début on ne nous a pas beaucoup pris au sérieux, on était plutôt considérés comme des personnes faisant joujou. Maintenant, on ne nous le dit plus cela, parce que tous les ministères disent et savent que c'est un enjeu important. Mais comme nous avions une grande liberté, que nous étions une petite cellule autonome, bien placée hiérarchiquement, nous avons essayé d'éviter l'écueil des sites institutionnels, qui on est, qu'est-ce qu'on fait l'organigramme de la maison, ce qu'il y a en fait souvent sur les sites administratifs.


Vos intentions au départ, et les résultats?

Le cahier des charges que l'on s'était fixés au début, c'était de faire quelque chose de différent, et surtout de travailler sur la voie des contenus. Nous ne voulions pas faire un catalogue des activités ou production de chaque service du ministère. Nous avons pris tous les catalogues et en avons tiré la substantifique moelle pour faire du sens. Quand quelqu'un vient vous voir, il vient chercher une information, il ne vient pas savoir ce que vous faites. Il y a en fait deux parties au site, la première est la promotion de la France, notre patrimoine, et puis il y a l'offre de service. Quand on crée un site, il faut se poser la question pour quoi on le crée. Et une fois qu'on l'a créé il faut savoir l'entretenir. Il y a une qualité de service à assurer, à partir du moment où vous êtes présents. Les résultats se voient, le site c'est quelque chose de concret. Je suis toujours tout seul pour le moment dans l'équipe du site, mais on s'est retroussé les manches. On a mis en ligne les contenus qu'on voulait réaliser. Au départ il y a un an, le site contenait 700 pages, ce qui était relativement modeste.
Les difficultés ont été entre autres dans la démarche graphique. Il est dur de trouver des graphistes spécialistes d'internet avec un réel goût pour la mise en page. Je m'appuie sur des compétences extérieures, de développeurs parce que j'ai la chance d'avoir les budgets nécessaires.. Ce qui manque au site, c'est plus d'interactivité. Parce qu'actuellement le contenu est bon mais pas les échanges. Il y a aussi un réel problème de promotion du site. Il est mal référencé, et peu de journaux en ont parlé. Le programme de référencement est lancé pour la fin de l'année normalement. Mais seul, je ne peux pas tout faire. Le référencement du site est un travail à plein temps, et pour l'instant, il n'a pas encore été réalisé. Je réponds moi-même aux mails du site. Donc encore beaucoup de travail reste à faire. Mais avec le temps, les choses vont changer. Ce qui reste aussi à faire c'est la mise en valeur du réseau culturel partout dans le monde. On a un potentiel énorme qui devrait être valorisé sur le site, et qui ne l'est pas assez. L'espace culturel par exemple n'est quasiment qu'en Français, il devrait être décliné en plusieurs langues, mais le travail est énorme. Ce qu'il faudrait c'est que trois ou quatre personnes travaillent sur ce site à plein temps. Le premier devoir d'un site c'est de répondre au courrier, puis il faut assurer une cohérence du site, qu'il n'y ait pas d'erreur de lien , qu'il fonctionne. Un site, c'est comme une plante, il faut couper des branches, tailler, arroser, il faut que ça vive ! Moi je m'efforce de mettre des nouveautés tous les mois. J'ai récemment créé une liste de diffusion pour les nouveautés, donc il faut faire les messages, les relancer. Il faudrait une troisième personnes pour la chasse au contenu, en relation avec les autres personnes du ministère, pour inciter le réseau culturel à participer, et puis il faut une personne à la technique. Mais pour le moment notre site est un chantier école, on démarre. Et puis quand on crée il ne faut jamais être content de soi. Comme autre nouveauté, nous allons réaliser des créations originales d'originaux. Nous allons demander à de jeunes auteurs, musiciens, et autres artistes de créer pour le web, pour notre site directement.


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Une crainte pour l'avenir de l'internet: que les marchands du temple l'envahissent

 

Comment va évoluer l'internet, selon vous ?

Je serais devin si je le savais. Mais je dois énoncer une crainte : les marchands du temple envahissent l'internet. Et j'ai peur que ce soit l'instrument commercial qui commence à prendre la grosse partie du réseau. De plus, je crois que la convergence des instruments technologiques, comme on nous l'avait prédit il y a quelques années n'arrivera pas. On gardera son téléphone, sa télévision. L'ordinateur ne sera pas l'unique terminal. Enfin, je suis foncièrement convaincu qu'il faudrait créer un service administratif de l'internet pour tous. Nous devrions être capable de créer une administration de l'internet avec logiciels gratuits à l'attention de tous, hébergement par l'administration française…


Propos recueillis par Pascale MOINE


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Max Potin est un pionnier de l'internet dans un milieu où peu de gens auraient osé l'introduire. Lui l'a fait, et nous lui tirons notre chapeau! Il a effectivement osé proposer le système internet à l'administration française, particulièrement au Ministère des Affaires Etrangères...

Loin de s'embourber dans une administration lourde à ne plus pouvoir bouger, il a réussi à faire adopter son nouveau système de travail. L'un n'allant pas sans l'autre, il a réussi à concevoir un site évitant les écueils d'une présentation et d'un contenu bien austère.

Informaticien de formation, il vient du monde privé et non de l'administration. Serait-ce là le secret de son talent... Il a en tous cas, réussi un site intelligent, instructif, au contenu conséquent.


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