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 Béatrice de Durfort

"la napoléonienne du net"

Site de la Fondation Napoléon

 


 

Entretien


La genèse du site et son principe  >>Le parcours de Béatrice de Durfort >>Les relations du Conseil d'administration de la Fondation avec l'internet

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Objet du site: "Offrir un lieu de synthèse et de réunion de l'information napoléonienne"

 

La genèse du site?

La conférence de presse annonçant l'ouverture officielle du site date de janvier 1997. On a passé 1996 à peaufiner le concept et le premier jet date de juin 1996. Il faut remettre le projet de l'époque dans son contexte. Les musées n'avaient pas de site réel, sinon un catalogue, un dépliant en ligne, pas plus. Les musées étaient plutôt branchés CDRom.

Votre "philosophie " de départ ?

Ma philosophie de départ, ou plus précisément le mandat que me donnait la Fondation Napoléon était de faire un site sur la question napoléonienne, et non le dépliant à l'écran de mon organisation. C'était en fait un véritable service sur la question napoléonienne qu'on allait mettre en place. Attention mon sujet n'est pas un sujet pro-napoléon, mais un sujet sur l'histoire napoléonienne. L'objet du site au départ était d'offrir un lieu de synthèse et de réunion de l'information napoléonienne, et ceci grâce à toutes les richesses que nous, Fondation, nous connaissons bien sur la question napoléonienne: les musées, les personnes privées, les chercheurs… La Fondation avant la création du site faisait ce regroupement d'informations, mais pas systématiquement. Et surtout les gens devaient se déplacer à la Bibliothèque pour consulter les nouvelles: il fallait être motivé et parisien. Le site a permis aussi de monter des projets en collaboration avec des acteurs plus autorisés que nous à parler sur la question napoléonienne: une exposition de photographies faites sur les camps de Châlon en collaboration avec l'Armée Française. Les musées et autres organisations n'ont pas toujours les moyens de faire un site sur leurs projets culturels. Avec mon www.napoleon.com, je leur permettais ce moyen d'expression unique.


Vous avez quels moyens financiers?

Nous avons quelques moyens. Nous sommes dotés par l'héritage de Marcel Lapeyre, le fondateur des Menuiseries Lapeyre, qui voulait que nous fassions connaître la question napoléonienne. Nous avons comme budget environ 10 millions de francs par an.


Quel est votre public, en quelle langue est-il traduit?

Avec le site je découvre que l'on a un public considérable à l'étranger notamment en Angleterre, aux Etats Unis, au Japon, en Italie. Mon site est en anglais et français, mais c'est un site éditorial francophone : l'objectif est de présenter la pensée française (et non un autre point de vue comme celui des Russes qui est complètement différent). En tant que Fondation Napoléon française on se doit d'avoir un avis autorisé sur la question. Cela ne veut pas dire un avis non contestable, mais cela signifie que les gens font appel à nous pour obtenir des éléments historiques réels. De plus certains éléments sont traduits en langue national quand le fond du projet l'exige. Par exemple, nous somme dans l'année de l'Egypte, et nos projets sur les avancées napoléoniennes en Egypte sont traduites en partie en Arabe. Le dossier sur la campagne d'Italie a été écrit en Français, parce que l'on sait que les Italiens intéressés par la question parlent notre langue. Ce dossier représente 800 pages de texte. Vous comprenez donc qu'on ne peut pas tout traduire en italien. En revanche, la bibliographie est, elle, traduite en italien, parce que la base des informations (les livres en italiens) devaient être retrouvés par un plus grand nombre. Il n'est pas non plus possible de tout traduire, parce que toute l'organisation de rangement des informations et des dossiers serait à revoir.



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"Je n'avais à l'époque jamais rencontré internet, avant de décider que je ferais un site,
même pas en utilisatrice."

 

Votre parcours pour arriver à l'internet?

Je suis de la grande tradition des Lettres. J'ai fait Khâgne, et des études d'Histoire, suivies d'un troisième cycle de gestion. J'ai ensuite travaillé une dizaine d'années dans le domaine culturel. J'ai ensuite travaillé avec Jean-Jacques Aillagon, à la direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris, l'actuel président du Centre Pompidou. J'ai travaillé sur plusieurs projet dont le dernier la création d'une école des Beaux Arts. Le projet n'a pas vu le jour pour des raisons économiques. J'ai donc été remerciée. Je suis rentrée à la Fondation Napoléon, par un chasseur de tête.

Mon poste au départ est celui de Directeur de la Fondation. Mon travail est le déploiement et le projet général de la Fondation, c'est-à-dire définir des axes sur lesquels on doit se développer, quels projets formaliser pour qu'il y ait une véritable identité de la Fondation. Pour cela je me suis appuyée sur de vrais outils : la bibliothèque, le centre de documentation, une revue d'histoire…Je n'avais à l'époque jamais rencontré internet, avant de décider que je ferais un site, même pas en utilisatrice. Mon problème n'est pas de maîtriser les outils mais mon projet est de maîtriser le concept ou le motif pour lequel on veut se servir d'une machine, quelle qu'elle soit. Mon activité c'était de mettre en place des structures des projets qui soient opérants et répondent à des missions.


Pourquoi avoir opté pour le support internet?

En 1996, on parlait surtout de CDRom. Mais j'ai pressenti que l'internet pour ce que j'avais à faire était le bon outil. Ma réflexion partait de trois pôles. Premièrement nos locaux sont exigus et ne permettent pas de mettre à disposition de tous, du grand public, toutes les informations napoléoniennes. Je savais qu'ici je n'avais pas la chance de développement que j'espérais. Je me suis donc dit que la solution c'était d'avoir un lieu intemporel, accessible universellement. Ce fut cela ma première intuition. Deuxièmement, avec notre budget de 10 millions de Francs par an, cela nous permet de faire des choses mais pas d'être un grand éditeur d'informations. Or comme tout éditeur nous avions des problèmes de distribution. Comme nous éditions peu de livres, les distributeurs nous distribuaient mal. Nous n'avons ni la structure juridique ni la structure économique pour faire face au problème de distribution de l'information. Quand je suis arrivée à la Fondation on s'asseyait sur des stocks de bons produits qu'on ne savait pas diffuser, et qu'on ne savait pas faire connaître au public vraiment intéressé. Finalement avec l'internet, ce n'est pas moi qui vais chercher les gens, ce sont les gens intéressés qui me trouvent. De plus notre souci n'est pas commercial. Nous sommes reconnus d'utilité publique, nous avons une mission de diffusion auprès du public, mais je n'ai pas besoin de faire du chiffre. A partir de là, je me suis dit que l'internet n'a de sens pour une Fondation comme la notre que si c'est le prolongement de la bibliothèque papier. Donc mon site, en réalité c'est le centre de documentation et d'information de la Fondation en ligne. Pour les parisiens, on peut toujours venir consulter les livres sur place. On est ravis de les voir. Pour ceux qui sont plus loin, les scolaires, les étrangers et les autres, on leur offre le service en ligne. Globalement c'est la même pensée qui l'irrigue. On sait maintenant aussi que grâce au site des personnes sont venues à notre bibliothèque. Sans ce support informatique, elles ne connaîtraient même pas notre existence. Cela a drainé un public nouveau, notamment universitaire. Le site répondait donc à toutes ces préoccupations.


Comment avez-vous conçu le projet de départ?

A la création du système, j'ai vraiment réfléchi au concept : à qui mon service s'adresse-t-il, quel type de service on peut faire, où sont mes clients, quel type de lectorat je peux drainer. Je suis alors arrivée à un projet papier de 7 ou 8 pages. Et je n'avais encore jamais vu de site internet. Je n'étais même pas sure que ça s'appelait comme cela. Mon président au départ voulait même qu'on parte sur un projet minitel. Pour ma part, je trouvais ce système inutilisable, et pas esthétique. Je suis allée voir différents éditeurs qui avaient fait des révolutions successives pour passer du papier au CDRom et qui en plus avaient une nostalgie du papier. Et puis ce fut la rencontre d'informaticiens qui me parlaient de SSII. Je ne comprenais rien, ils me parlaient chinois. Eux parlaient technique et moi de projet éditorial. Visiblement, on ne se comprenait pas. Puis j'ai rencontré Philippe Feinsilber, qui à l'époque travaillait absolument tout seul. Je lui ai exposé mon projet et lui m'a comprise. C'était la première fois que je rencontrais quelqu'un qui était cohérent par rapport à l'outil. Au départ lui était ingénieur chimiste. Il a passé du temps aux Etats Unis et en rentrant il a monté sa propre boite sur l'internet. C'est maintenant Babel@stal. J'ai été son premier client. Il recrutait en fait en fonction de mes besoins. Depuis il s'est considérablement développé et je ne suis plus et de loin son premier client. Ils sont passés en trois ans de 1 personne à 36 personnes.

Comment avez-vous travaillé avec cette société?

J'ai travaillé avec Babel d'une manière simple et efficace : je n'avais qu'un seul interlocuteur pour tout le site. De même que eux n'avaient qu'un seul interlocuteur chez moi. Je pense que cette organisation est importante, parce que dans ce genre de projets, les décisions éditoriales sont complexes et importantes. Le fait que je suis la seule à valider les décisions, a contribué à créer une cohérence.
Ma démarche a été de mettre en place un vrai outil de travail. En cela je crois qu'on a été très performant dès le départ. Au départ de mon projet par exemple, je disais qu'on allait ouvrir 35 services par fenêtre, 5 barres de menu. Et cette architecture on l'avait dès le début !

Que vous a apporté la société Babel puisqu'à priori vous aviez déjà parfaitement conçu l'architecture du site?

L'arborescence est un problème éditorial, mais cela ne se joue pas seul effectivement. Et les gens de Babel m'ont amené une foule d'idées. Chaque fois ils m'ont poussée à un stade plus haut plutôt qu'un stade plus bas. Philippe Feinsilber est une homme ambitieux intellectuellement. D'emblée, il voit où l'on peut placer un sujet et sur ce point on s'est vraiment bien entendus. Par exemple, à l'époque en 1996, on mettait à la queue-leu-leu des listes de mots ou phrases qui étaient des liens pour les chapitres suivants. C'était illisible, on passait des jours entiers sans trouver quelque chose. Quand j'ai exprimé ce sentiment, Philippe m'a dit qu'il fallait que j'investisses intellectuellement sur une base de données. Et voilà mon souhait était formulé et réalisable. Certains dossiers paraissent avoir des bases de données extrêmement simples sur mon site parce que l'interface a été volontairement faite pour un public non averti. Mais en réalité la base de donnée qui est derrière est extrêmement complexe et si je veux complexifier le tout je le peux sans problème. Je n'ai plus qu'à changer mon interface. Et c'est là où ils m'ont aidée à hiérarchiser mon niveau d'archives. On s'est toujours dit avec Philippe, que si on ne développait pas cela ou cela pour des raisons financières, on en ferait tout de même la réserve, mais ce serait déjà inscrit structurellement dans l'arborescence. De plus l'important, l'essentiel pour moi est de ne rien supprimer de mon site. Les informations si elles ne sont plus d'actualité sont archivées. Il fallait donc trouver un moyen d'organiser, de hiérarchiser, de "tabuler" toutes ces informations. Alors, sur deux ans, les informations ne sont pas forcément intelligibles, mais dans 10 ans ces informations gardées, stockées et retrouvables seront essentielles. Et c'est à ce moment-là qu'on pourra voir ce que j'aurais voulu faire. J'ai eu dès le départ, en fait une démarche d'historienne. Donc le site chaque année, j'en fais une copie complète, pour pouvoir avoir dans quelques années un recul vis-à-vis de nos avancées. Il me paraissait important d'historiciser les outils. Cela a d'ailleurs impliqué plus qu'une démarche mais aussi des obligations. C'est-à-dire qu'on a daté tous les documents qu'on sort sur le site. Un peu comme les éditeurs datent la version d'un roman, je date aussi la mise en ligne de nos recherches.


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En tant que Fondation Napoléon, il est facile de nous coller une image de "vieux crocodile".
Je voulais que l'image du site réveille ça.
 

 

Quelle fut la démarche au sein même de la Fondation?

Mon président le Baron Gourgaut s'intéresse à l'informatique. Il avait 74 ans au début du projet en ligne, il ne connaissait pas du tout internet mais je n'ai pas eu beaucoup de mal à le convaincre de la pertinence du projet. Je lui ai montré qu'il y avait une vraie attente du public qu'on n'arrivait pas à régler. Je tire un grand coup de chapeau à mon président, parce qu'il m'a apporté tout de suite son soutien. Je lui ai expliqué qu'il me fallait du temps, qu'on ne pouvait pas faire l 'économie de penser ce projet et que moi aussi j'étais neuve dans le domaine. Une fois l'avant-projet sommaire écrit, il l'a soutenu au conseil d'administration, qui lui a débloqué un premier budget de 70.000 F de pré-projet. Une fois le pré-projet réalisé, je leur ai expliqué qu'il y avait deux solutions, ou on était petit, médiocre, ou on faisait du site un vrai domaine de spécificité, une vraie roue motrice, un leadership. D'autant que je savais qu'il fallait demander beaucoup parce que les années suivantes, ils ne comprendraient pas que le chiffre enfle. On est donc partis la première année en 1996 avec 900 000 F. De dire "oui" fut très culotté de leur part. En plus, à l'époque on disait : "internet c'est pas cher, voire c'est gratuit"!!! Avec ces 900.000 Francs, on est arrivés à un premier site en ligne, avec une grande partie des bases de données, la mise en place d'un outil de recherche pour les textes, le développement de deux expositions, la mise en place de la généalogie…70% des rubriques étaient créées.

Avec le recul que pense votre Conseil d'administration de votre réalisation?

L'année suivante, pour le budget 1997, je leur redemande 1 million de francs supplémentaires. Là ils commencent à trouver cela cher. Et paradoxalement, ils ont été plus contents la première année que la seconde. Parce qu'en fait la première année c'est à cette époque que internet a été à la mode. Ils étaient donc le premier site culturel conséquent. Tout le monde leur disait : "dites donc, c'est bien votre truc". Or ils n'avaient pas compris que le site devait être enrichi. Pour eux, c'était fait, comme un cd-rom. De plus à part mon président qui met le nez dedans, les autres ne voyant pas de changement apparent sur la page de garde ne voyaient pas les transformations. Mes arguments de dire qu'on est passées de 25 textes en ligne à 125 textes en ligne, qu'on arrive à 140 fiches sur des lieux pesaient en fait peu. Comme ils ne vivent pas dedans, ils ne se rendent pas compte que la masse critique d'informations augmente. Quand on édite des livres, on voit se remplir les étagères, mais pour le site, le travail effectué se voit beaucoup moins. C'est donc très difficile de faire comprendre aux gens qu'on a vraiment apporté de nouvelles applications, vraiment développé de nouvelles relations, qu'on est rentrées en coproduction avec des institutions qu'on ne touchait pas jusqu'à maintenant.


La question était donc, faut-il 1 million de francs par an?

Exactement. Ca ne leur pose aucun problème de mettre un million de francs par an pour la revue, mais pour le site c'est plus difficile. J'essaie de leur prouver qu'on met autant d'informations dans un site que dans une revue, mais bon…La deuxième année, ils eurent le sentiment que c'était pour solidifier le site et non pour l'enrichir. Pour résumer en 97 ils remirent 1 million, en 1998 ce fut 1,3 million. (J'avais demandé 1,6 million…). Evidemment, on est le site culturel le plus repéré, on est cité parmi les 200 meilleurs sites reconnus, on est le premier site par le bulletin de la BNF. Quand la Bibliothèque en septembre dernier sur les quais de Seine a ouvert, elle nous a référencés sans même nous le demander en montrant notre page de garde. C'est donc que selon eux nous avions réalisé un site, lieu de documentation et d'information, en fait un vrai service documentaire. Tout le monde connaît Napoléon, vous allez en Chine Populaire et eux connaissent Napoléon. C'est donc le sujet international par excellence de la France. C'est pour cela qu'on ne pouvait pas se permettre d'être moyen. On a une forte mission à tenir, parce que c'est une des valeurs d'exportation culturelle française.


Quant à vos choix graphiques, ils sont surprenants?

En tant que Fondation Napoléon, il est facile de nous coller une image de "vieux crocodile". Je voulais que l'image du site réveille ça, et qu'on ait une véritable image graphique soignée. Il n'y a pas de raisons qu'on ait une image moins soignée que celle qu'on exigerait sur un plan papier. De plus j'ai horreur des récupérations des images historiques. C'est pour cela que toutes mes rubriques sont symbolisées par des graphes originaux, créés et dessinés pour l'occasion.


Comment pouvez-vous améliorer le site?

J'avoue que je suis plutôt fière des nos intuitions du début du projet, parce qu'avec le recul l'arborescence que l'on a créée est tout à fait supportable pour toutes les informations que nous amenons petit à petit. Bon, il y a toujours des choses à améliorer. Je passe d'ailleurs beaucoup de temps à décortiquer le courrier que l'on reçoit. Ce que je ferais bien pour l'avenir, ce sont des projets précis par exemple, je créerais bien un napoleon-kid, un site pour les mômes. Les gens qui tombent "en napoléonie" le font généralement à l'âge de 7 ans…Les professeurs aussi qui enseignent Napoléon ont envie d'avoir de la documentation. Et par exemple on pourrait imaginer un site www.napoleon.kid, qui proposerait aussi des liens à l'attention des parents sur le site existant www.napoleon.org, qui veulent en savoir un peu plus à propos de Napoléon, sur la demande des enfants.



Propos recueillis par Pascale MOINE

 


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